mardi 21 juillet 2026 - 17:56
Une politique systématique cible les chiites et les oulémas à Bahreïn

Hawzah/Le cheikh Adel Al-Shaala a affirmé que les violations répétées des droits des citoyens chiites à Bahreïn ne relèvent plus de simples restrictions d’ordre politique ou sécuritaire, mais constituent désormais des atteintes directes aux valeurs sacrées de la religion et de la dignité humaine.

Bahreïn (A.P.Hawzah)– Cheikh Adel Al-Shaala, religieux chiite bahreïni, a déclaré que les atteintes continues aux droits des citoyens chiites observées aujourd’hui à Bahreïn ont franchi un nouveau seuil. Elles ne se limitent plus à des mesures politiques ou sécuritaires, mais touchent désormais directement les fondements religieux et les principes essentiels de la dignité humaine.

Selon lui, les autorités poursuivent une politique méthodique visant l’identité des fidèles des Ahl al-Bayt (que la paix soit sur eux), leurs lieux saints ainsi que leurs institutions religieuses, dans le cadre d’une intensification sans précédent des mesures prises contre la principale composante démographique du pays, à savoir la communauté chiite.

Cheikh Al-Shaala a estimé que les autorités bahreïnies affichent désormais ouvertement leur volonté de porter atteinte à la religion ainsi qu’aux enseignements des Ahl al-Bayt (que la paix soit sur eux).

Évoquant les multiples manifestations de cette politique, il a cité en premier lieu la mainmise exercée sur le pouvoir judiciaire ainsi que la réduction drastique des compétences des tribunaux jaafarites, tandis que les autres dossiers sont confiés à un appareil judiciaire qui, selon ses propos, « n’a aucun lien ni avec l’islam ni avec le droit ».

Le religieux bahreïni a ajouté que cette politique se manifeste également par la mise sous tutelle des biens de waqf appartenant aux fidèles des Ahl al-Bayt (que la paix soit sur eux), ainsi que par la confiscation illégale de leurs biens et propriétés. Il a en outre indiqué que des dizaines de mosquées, dont certaines existaient bien avant l’arrivée de la famille régnante à Bahreïn, ont été entièrement rasées. Parallèlement, alors que les chiites se voient interdire la construction de mosquées dans leurs propres quartiers, les autorités délivrent des autorisations pour ériger des lieux de culte appartenant à une autre communauté au cœur même des zones à majorité chiite. Selon lui, cette pratique reflète une politique confessionnelle organisée, systématique et profondément discriminatoire.

Cheikh Al-Shaala a également souligné que les autorités ne se contentent plus de cibler les institutions religieuses, mais s’attaquent désormais directement aux figures religieuses de la communauté chiite en arrêtant des dizaines d’oulémas, parmi lesquels figurent plusieurs grands jurisconsultes considérés comme des références religieuses majeures.

Il a affirmé que les autorités n’accordent aucune considération à la plus importante composante de la population du pays. Alors qu’elles considèrent le chef du gouvernement comme une « personnalité inviolable et intouchable », elles soumettent les plus hauts dignitaires religieux chiites aux insultes, aux arrestations arbitraires et à des traitements humiliants.

Cheikh Al-Shaala a ajouté que les informations faisant état d’actes de torture, d’insultes et de mauvais traitements infligés aux oulémas chiites emprisonnés, ainsi que les accusations de « mensonges et de diffamation » portées contre eux, illustrent l’ampleur des violations dont ils sont victimes.

S’interrogeant sur le sort réservé aux simples citoyens lorsque de telles pratiques visent les plus éminents savants religieux de la communauté, il a déclaré : « Si tel est le traitement réservé aux grandes figures religieuses, que dire alors du citoyen ordinaire, démuni, arrêté, battu, humilié et torturé jusqu’aux portes de la mort ? »

Il a rappelé que, dans l’islam, l’inviolabilité de la personne humaine englobe sa vie, ses biens, son honneur, sa dignité ainsi que sa vie privée. Or, a-t-il regretté, toutes ces garanties sont aujourd’hui bafouées de manière systématique, qu’il s’agisse des descentes dans les domiciles, de l’intimidation des familles, des restrictions imposées à la pratique des rites religieux ou encore du ciblage des oulémas et des détenus.

En conclusion, Cheikh Al-Shaala a estimé que le comportement des autorités démontre que « la seule loi qui prévaut est celle de la jungle », où le citoyen est traité comme coupable avant même que son innocence ne soit établie, au mépris du principe fondamental de la présomption d’innocence et en contradiction avec les règles les plus élémentaires du droit et de la jurisprudence islamique. Il a appelé à mettre un terme à ces politiques, à respecter la dignité des citoyens et à garantir le caractère inviolable des valeurs religieuses et humaines.

Une politique systématique cible les chiites et les oulémas à Bahreïn

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